Une nouvelle langue fait son entrée au collège

À partir du jeudi 1er septembre au collège, on va apprendre à l’école une nouvelle langue, un nouveau langage : le langage informatique. Pour apprendre une langue, il faut faire – un peu – de grammaire. L’idée c’est de faire de la grammaire informatique, c’est-à-dire du « code ». Le codage sera désormais au programme officiel de l’Éducation nationale dès l’école primaire (où il y aura une initiation) et au collège (il y aura des cours en 5ème, 4ème et 3ème). L’enseignement sera assuré sur les heures de mathématiques ou de technologie.

L’idée c’est, pas exemple, d’apprendre à créer des petits programmes informatiques, s’initier au cryptage des données ou programmer le déplacement d’un robot. Certains profs de collège le faisaient déjà. Cela devient obligatoire. L’épreuve du brevet, dans un an en juin 2017, comportera un exercice de code. Prenons l’exercice 4 du test d’énoncé de l’examen. Il y a huit petits losanges bleus alignés et trois cases avec des lignes de codes de couleurs. L’exercice consiste à déterminer quelles lignes de codes permettent d’arriver au tracé dessiné.

Pas de Bac pro numérique en vue

Les lycéens font déjà de la programmation informatique (ça s’appelle de l’algorithmique). Mais il n’y a pas de projet de filière de Bac informatique spécifique. Pour l’instant, c’est intégré aux maths. Il n’y a pas non plus dans les cartons de Bac pro numérique, comme le réclament certains. Mais « on avance », se réjouissent tous ceux qui depuis des années militaient pour faire rentrer le codage obligatoire à l’école dès le plus jeune âge.

« Tout le monde est touché par le numérique, quelle que soit la personne ou son job. On ne peut pas résister face à ce tsunami et cette vague du numérique, comme on n’a pas le choix on avance, on ne peut pas faire marche arrière », explique François-Afif Benthanane, fondateur de la Web@cademie consacrée les jeunes non diplômés. « Le marché va dans ce sens-là. Il est impossible aujourd’hui de ne pas donner la chance à un maximum d’enfants », poursuit-il. Pour lui, la question est pour eux : « Est-ce que je vais être un analphabète du monde du numérique, ou est-ce que je veux être une personne qui le comprend ? ».

Pour François-Afif Benthanane, qui précise que la France n’est pas en retard, comprendre le monde virtuel fait partie des « savoirs fondamentaux ». « Coder, c’est aussi acquérir plus de rigueur dans la construction de la pensée », dit la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Un premier pas et un tournant

Le problème, c’est la formation des professeurs pour transmettre ces connaissances. Globalement, ils ne sont pas encore formés. « Les élèves comprennent parfois plus vite que nous », nous confie en souriant une enseignante de Haute-Savoie. Les profs de mathématiques et de technologie, en charge de ces cours, ont eu quelques heures de formation au codage cette année. Mais il faudrait, selon les informaticiens, deux à trois semaines de formation pour pourvoir ensuite enseigner le codage.

« La formation, c’est l’enjeu numéro 1. Pour toucher les enfants, il faut toucher leur enseignants« , explique Claude Terosier, une ancienne ingénieure qui à ouvert des ateliers de code à Paris et bientôt à Bordeaux. Aujourd’hui, elle construit des cours en ligne avec le ministère de l’Education nationale, où l’on reconnaît que « la révolution numérique » prendra du temps. L’inscription du codage au programme officiel du collège et au brevet constitue donc à la fois un premier pas et un tournant.

Source : www.rtl.fr

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